La saison touristique 2026 révèle les fragilités du modèle touristique aixois : beaucoup de visiteurs, mais des retombées économiques en baisse. Les séjours raccourcissent, le panier moyen diminue et certains restaurateurs évoquent jusqu’à 30 % de chiffre d’affaires en moins par rapport aux années 2018-2019. Cette situation s’explique par la baisse du pouvoir d’achat et les fortes chaleurs, mais pas seulement. Elle révèle les limites d’un modèle aixois reposant trop largement sur une rente touristique : la réputation d’Aix, Cézanne, le cours Mirabeau, son patrimoine, ses marchés et ses terrasses. Or les touristes arbitrent davantage entre les destinations et recherchent désormais, au-delà du patrimoine, des villes agréables à vivre et à parcourir : accessibilité, transports, prix raisonnables, espaces ombragés, eau, jardins et expériences originales.
Aix souffre particulièrement de la chaleur car son tourisme repose largement sur la flânerie dans un centre-ville très minéral. Lorsqu’il fait 37 ou 40 degrés, les visiteurs raccourcissent leurs déplacements et leurs dépenses. Mais dans une ville d’eau avec la quasi totalité des fontaines à sec.. on est dans la fausse promesse.
L’année Cézanne 2025 a démontré la capacité d’Aix à attirer massivement, mais un événement exceptionnel ne peut remplacer une véritable stratégie touristique de long terme.L’offre aixoise doit donc être renouvelée et diversifiée au-delà des références traditionnelles : patrimoine hydraulique, canaux, bastides, jardins, Arc, Torse, paysages agricoles, artisans ou gastronomie locale. L’enjeu n’est pas d’opposer touristes et habitants : les défauts du modèle actuel pénalisent les deux. Les habitants subissent chaleur, congestion, pression sur le logement et hausse des prix ; les visiteurs rencontrent une ville chère, chaude et parfois difficile d’accès.
La priorité devrait donc être de faire d’Aix une ville plus fraîche, plus végétale, plus accessible et plus accueillante, capable de transformer sa fréquentation touristique en séjours plus longs et en véritables retombées pour l’économie locale.
En résumé, Stéphane Salord propose qu’Aix : redevenienne une ville d’eau, d’ombre et d’hospitalité.
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