À Aix, on ne combat pas la canicule avec quelques pots de fleurs
Le Cagnascore que vient de publier l’AGAM devrait être une sérieuse piqûre de rappel pour la majorité municipale aixoise.
Car derrière l’image de carte postale d’Aix, de ses fontaines et de ses terrasses, il y a une autre réalité : celle d’une ville méditerranéenne confrontée à des étés toujours plus chauds, dans laquelle trop d’espaces publics restent minéraux, imperméabilisés et insuffisamment ombragés.
Le nouvel indicateur de l’AGAM est particulièrement intéressant parce qu’il ne s’arrête pas à la chaleur de la journée. Il prend aussi en compte la chaleur nocturne, celle que la pierre, le béton et le bitume accumulent pendant des heures avant de la restituer lorsque les habitants devraient enfin pouvoir respirer.
La question n’est donc plus de savoir s’il faut adapter Aix à la chaleur. La question est de savoir pourquoi nous avons déjà perdu autant de temps.
Depuis des années, la majorité municipale communique sur la végétalisation, installe quelques jardinières et présente chaque plantation comme une démonstration de sa politique écologique. Mais l’adaptation climatique d’une ville ne se mesure ni au nombre de pots de fleurs ni au nombre de communiqués de presse.
Elle se mesure à la surface de bitume supprimée, au nombre d’arbres réellement plantés et arrivant à maturité, aux mètres carrés rendus perméables, à la quantité d’ombre créée et, finalement, aux degrés que l’on réussit à faire perdre à nos rues et à nos places.
Nous demandons que la Ville publie une cartographie précise des secteurs aixois les plus exposés à la surchauffe et qu’elle présente un véritable plan fraîcheur, quartier par quartier, avec des objectifs chiffrés : désimperméabilisation, arbres de haute tige, ombrage des cheminements piétons et des arrêts de bus, cours d’école végétalisées, points d’eau et protection systématique des arbres existants.
Nous demandons également que chaque grand projet d’aménagement soit désormais évalué à l’aune de son impact sur la chaleur urbaine. Un projet qui augmente la minéralisation de la ville ou détruit de l’ombre ne peut plus être présenté comme un aménagement moderne.
Et cette question est profondément sociale. Face à la canicule, tout le monde n’a pas une maison avec jardin, une piscine ou la possibilité de partir. Les personnes âgées, les enfants et les habitants des logements les moins bien isolés subissent les premiers les conséquences de la chaleur.
À Aix, le droit à l’ombre et à la fraîcheur doit devenir un droit pour tous.
L’AGAM nous fournit aujourd’hui un thermomètre particulièrement utile. À la majorité municipale maintenant d’arrêter la politique du thermomètre et de commencer réellement à soigner la ville.








