
À Aix-en-Provence, la municipalité se félicite régulièrement de son attractivité touristique. Mais derrière cette réussite, une question centrale reste posée : pourquoi la ville refuse-t-elle d’utiliser pleinement un levier fiscal pourtant essentiel, la modulation de la taxe de séjour ? Aujourd’hui, Aix perçoit environ 3,2 millions d’euros de taxe de séjour par an, un montant significatif mais largement en deçà du potentiel réel d’une ville aussi touristique.
Car la taxe de séjour est une taxe encadrée… mais largement modulable
Contrairement à ce que laisse entendre la majorité municipale, la loi permet clairement aux communes d’adapter leur taxe de séjour : entre 1 % et 5 % du prix de la nuitée pour les logements non classés, avec des tarifs différenciés selon le type d’hébergement (hôtels, meublés, campings…). Autrement dit, la modulation est non seulement possible, elle est prévue par le législateur. Les villes de gauche comme Paris ou de droite comme Nice et Cannes le font.
À Aix, la ville applique bien un taux proportionnel de 5 % pour les hébergements non classés, plafonné à 4 € (avant taxes additionnelles). Mais dans les faits, cette politique reste prudente et peu ambitieuse, notamment sur les plafonds et sur la structuration globale des tarifs.
Ainsi un visiteur payant une chambre 400 euros à l’Hôtel Renaissance paiera 4 euros (soit un taux réel de prélèvement de 1%) comme le touriste payant un emplacement de 66 euros au camping d’Aix (taux de 6% ).
Une fiscalité donc peu dynamique malgré une forte fréquentation
Dans une ville où le tourisme explose (festivals, patrimoine, locations saisonnières), cette évolution reste modeste.
À titre de comparaison, dans les grandes métropoles touristiques, la taxe de séjour atteint souvent des niveaux bien supérieurs, notamment grâce à une modulation plus poussée (plafonds élevés, différenciation forte entre hôtels et meublés).
Des choix politiques, pas des contraintes techniques
D’autres villes, qu’elles soient de gauche ou de droite, ont fait un choix différent : taxation plus forte des meublés touristiques non classés, utilisation du plafond légal, stratégie assumée pour réguler Airbnb et financer les politiques publiques.
Par exemple à Paris un Airbnb de haut de gamme à 400 euros avec deux usagers paye une taxe de séjour de 10 euros par personne. Ce qui est aussi le montant pour un hôtel 5 étoiles. Et ce serra 0,65 euros pour un camping ou 2,6 euros pour une chambre d’hôte.
À Aix, au contraire, la municipalité reste dans une logique minimale : peu de différenciation réelle entre types de logements, plafonds relativement bas, absence d’utilisation de la taxe comme outil de régulation.
Un manque à gagner pour les services publics
Cette prudence a un coût.
Avec une politique plus ambitieuse, Aix pourrait : augmenter ses recettes de plusieurs centaines de milliers d’euros, voire davantage, financer des équipements publics, investir dans le logement ou la transition écologique, mieux réguler la pression touristique.
Nous demandons :
- une révision ambitieuse de la taxe de séjour
- une modulation plus forte selon les types de logements,
- l’utilisation du plafond légal pour les meublés non classés,
Aix mérite une politique touristique équitable, efficace et responsable — pas une gestion à minima.
La taxe de séjour n’est pas un détail technique.
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