Associations aixoises : les économies ne peuvent pas toujours peser sur les mêmes

Associations aixoises : les économies ne peuvent pas toujours peser sur les mêmes

Les associations aixoises ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire. Elles font vivre les quartiers, le sport, la culture, la solidarité, l’éducation populaire, l’environnement et créent quotidiennement du lien social. Réduire brutalement leurs subventions, c’est fragiliser des centaines de bénévoles, des emplois associatifs et des activités dont bénéficient directement les Aixois.es.

Nous pouvons entendre qu’une situation budgétaire difficile annoncée depuis plusieurs mois impose des efforts. Mais ces efforts doivent être justes, transparents et équitablement répartis. Il n’est pas acceptable que certaines associations subissent des baisses importantes pendant que d’autres seraient beaucoup moins touchées, voire totalement préservées. Si une diminution générale des crédits devenait réellement incontournable, (ce qui nous parait évitable) elle devrait reposer sur des critères publics et objectifs et peser équitablement sur l’ensemble des bénéficiaires, en tenant éventuellement compte de leur capacité financière et de leur dépendance à l’argent public. La Ville doit expliquer ses choix : qui baisse, de combien, selon quels critères et pourquoi ?

Cette question est d’autant plus importante que les écarts entre secteurs sont déjà considérables. Il ne s’agit évidemment pas d’opposer culture, sport, solidarité ou environnement, mais de rappeler l’importance d’une politique associative cohérente et lisible. Cette absence d’équité est aussi problématique car certaines associations ont déjà obtenu leurs subventions … là où d’autres, qui avaient pourtant faire leurs demandes aussi sont toujours dans l’attente de traitement et d’attribution.

 

Le choix risqué de la crise budgétaire métropolitaine

La situation actuelle n’est pas tombée du ciel. Le 28 avril 2026, la Métropole Aix-Marseille-Provence et Sophie Joissains partie prenante de sa majorité, a choisi de ne pas voter son budget. Cette décision a entraîné la saisine de la Chambre régionale des comptes par le préfet, puis le règlement du budget métropolitain par celui-ci. Le préfet a finalement retenu 91 millions d’euros d’économies et réduit de 53 millions d’euros les attributions de compensation versées aux communes.

Sophie Joissains et ceux qui ont soutenu cette stratégie doivent donc en assumer les conséquences politiques. Refuser de voter un budget sans construire une solution alternative crédible revenait à abandonner une partie de la maîtrise des choix budgétaires au préfet. C’était se priver volontairement d’une partie de ses marges de négociation. Encore une fois la politique de la chaise vide comme l’avait fait Maryse Joissains par le passé. Et avec la conséquence que les Marseillais en ont profité pour capter la majorité des financements du plan Marseille en Grand (notamment dans les transports) sans qu’Aix ne reçoive aucun de ces grands projets d’infrastructure de transport dont nous avons tant besoin vu les bouchons sur notre territoire.. Cette politique de la chaise vide a laissé l’investissement se porter sur des projets qui sont aujourd’hui les principaux responsables de la crise budgétaire puisque le financement de leur fonctionnement n’a pas été prévu …. (On plus du désengagement de l’État, le problème du budget transport est la moitié de la crise budgétaire dont on discute)

On ne peut aujourd’hui présenter les conséquences de cette stratégie comme une fatalité extérieure et demander aux associations aixoises d’en payer la facture.

Autour de 8 millions d’euros à trouver… : d’autres choix étaient possibles

Si il manque environ 8 millions d’euros d’AC, la première question devrait être : où pouvons-nous trouver de nouvelles recettes avant de réduire les moyens des associations ?

C’est précisément ce que nous avons proposé à plusieurs reprises au conseil municipal. Plusieurs leviers fiscaux ou tarifaires pouvaient être étudiés et combinés plutôt que de faire porter l’effort sur le monde associatif :

Accroître la fiscalité sur les logements durablement vacants. La loi de finances pour 2026 renforce d’ailleurs les possibilités offertes aux communes à partir de 2027 : dans certaines communes, le taux pourra être porté jusqu’à 30 % la première année d’imposition et 60 % à partir de la deuxième.

Majorer davantage la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, outil qui permet de faire contribuer davantage la propriété qui n’est pas affectée au logement principal plutôt que les activités associatives. La taxe sur les résidences secondaires demeure bien une recette des collectivités locales.

Revoir la taxe de séjour et surtout son rendement, dans une ville touristique comme Aix. En majorant les prélèvements sur les Airb&B  La commune dispose déjà de cette fiscalité sur les hébergements touristiques.

Réexaminer certaines redevances d’occupation du domaine public : terrasses commerciales, occupations privatives, marchés ou certaines activités économiques utilisant l’espace public de manière très lucrative avec des reversions très faibles. Il ne s’agit pas de pénaliser indistinctement les petits commerces, mais d’adapter davantage les tarifs à la surface occupée, à l’emplacement et à la rentabilité de l’activité.

Enfin, chercher de nouvelles ressources privées dans un cadre transparent, notamment par Aix Mécénat, en associant réellement le tissu associatif à sa gouvernance et à la définition des priorités.

L’objectif n’est d’ailleurs pas nécessairement de faire reposer les nouvelles recettes sur une seule mesure. Quelques centaines de milliers d’euros obtenus sur plusieurs recettes différentes peuvent permettre de reconstituer progressivement cette somme sans sacrifier le monde associatif.

Une question de choix politique

Le débat est donc mal posé si on le réduit à : « il manque huit millions, il faut couper dans les associations ». Un budget municipal est fait de choix. On peut agir sur les dépenses, mais également sur les recettes.

Nous refusons que les associations deviennent les victimes collatérales des choix budgétaires de la Ville et de la stratégie suivie à la Métropole.

Nous demandons donc trois choses : la transparence sur toutes les baisses de subventions ; l’égalité de traitement entre associations selon des critères publics et objectifs ; et l’examen préalable de toutes les recettes alternatives permettant d’éviter ou de limiter ces coupes.

Car derrière une ligne de subvention, il y a des bénévoles, des salariés, des enfants qui font du sport, des pratiques culturelles, de l’entraide, de la solidarité et de la vie dans nos quartiers. Le lien social, lorsqu’on l’a détruit, est beaucoup plus difficile à reconstruire.

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