Compte-rendu du débat préliminaire aux primaires socialistes d’Aix

photo debat primaire IEP

Ecrit par Fabien Palem
oct 102013 http://www.planete-info.fr

Fait relativement rare en politique, les six prétendants à la candidature aixoise du Parti Socialiste pour les municipales ont quasiment parlé à l’unisson, mardi 8 octobre, dans les locaux de Sciences Po. Invités par les étudiants en journalisme, ils ont répondu à une dizaine de questions précises sur leur ville, ses enjeux et son avenir, devant un public composé en grande majorité de militants.
De gauche à droite: Jacky Lecuivre, Edouard Baldo, Cyril Di Méo, André Guinde, Gaëlle Lenfant et Jacques Agopian. Crédits photo: Maryline Ottmann.

De gauche à droite: Jacky Lecuivre, Edouard Baldo, Cyril Di Méo, André Guinde, Gaëlle Lenfant et Jacques Agopian. Crédits photo: Maryline Ottmann.

25 rue Gaston de Saporta, nous sommes dans l’amphi Bruno Etienne. Jacques Agopian, Cyril Di Méo, André Guinde, Jacky Lecuivre, Edouard Baldo et Gaëlle Lenfant sont invités à présenter leurs projets politiques pour la ville. Gaëlle Lenfant, seule représentante de la gente féminine dans ces Primaires Citoyennes pose le corollaire au débat : “les autres candidats aux primaires ne sont pas mes adversaires mais des compétiteurs. En mars, nous serons tous rassemblés autour du vainqueur.” Seule la problématique du rôle d’Aix dans la redistribution des cartes, liée au projet de développement d’une métropole marseillaise, a divisé, sans la déchirer, la famille socialiste locale. Un consensus qui a retenu notre attention alors que, non loin d’ici, les voisins marseillais “sont en train de s’écharper” comme l’ironise André Guinde, le vétéran de la bande.

Le PS et ses tensions

Au moment d’évoquer les mauvais sondages mettant à mal le gouvernement, ainsi que la récente victoire du Front National à Brignolles, les six candidats insistent sur la nécessité de “s’unir pour éviter de se prendre la vague bleue marine en pleine figure.” De plus, les problèmes rencontrés par le gouvernement ne seraient pas directement liés à ceux des Aixois. “Je suis candidat à une élection locale” rappelle notamment Jacky Lecuivre. A priori donc, pas vraiment de lien entre la mauvaise passe de nos gouvernants à Paris et la victoire FN dans le Gard.

Le mot d’ordre est lancé par Cyril Di Méo : “Il est fondamental de relancer le débat d’idées et de défendre nos valeurs”. Vient tout naturellement la “question Rom”. Encore une fois, unanimité de la part des six : faire preuve d’humanisme pour ne pas bafouer les valeurs socialistes. Gaëlle Lenfant regrette les “propos malheureux” de Manuel Valls et invoque la circulaire du 26 août 2012, portée par Alain Régnier, préfet délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans abri ou mal logées. Solidarité et valeurs de gauche devraient primer sur les démantèlements de camps et autres expulsions, selon nos interlocuteurs.

Jeunesse et avenir : en finir avec l’élitisme.

Sur ce thème, nos candidats exposent encore une ligne commune, résumée par la formule de Jacky Lecuivre : “Aix doit cesser d’être le 21e arrondissement de Paris.” Les prix exorbitants du foncier, maintenus pas le “racket organisé des propriétaires”, ceux de l’alimentation et des activités culturelles, “trop élitistes”. La population jeune et notamment étudiante (plus de 30000 étudiants à Aix) est au centre des débats. Une seule et même cible visée par les socialistes : la politique de Maryse Joissains. “Ce que vise la Maire de la ville depuis son premier mandat, c’est le déplacement de populations” assène Cyril Di Meo. Ce dernier poursuit: “au-delà de la problématique générationnelle, c’est la marginalisation des classes populaires qui est en jeu.”

Côté culture, on regrette que les quartiers populaires, tels que le Jas de Bouffan, soient mis au ban de la dynamique de la ville. Aux yeux de Gaëlle Lenfant, il n’est pas nécessaire de construire de nouvelles infrastructures : “nous devons surtout compter sur le patrimoine existant. C’est d’autant plus nécessaire que nous devrons faire avec des budgets restreints.”
Économie : les PME au centre des débats, la métropole marseillaise divise

Côté économie locale, les intervenants répondent une fois de plus d’un commun accord: “on doit se préoccuper davantage des PME, que Maryse Joissains exclut de sa politique de développement économique.” Certains évoquent la zone des Milles, à l’image de l’unique candidate, qui y verrait se développer une “Silicon valley provençale”.

Puis, fin du “grand oral”, tombe la thématique de la métropole marseillaise. Et nos six socialistes d’exprimer leur désaccord sur le rôle d’Aix dans la bataille des prérogatives économiques. Certains, comme Jacky Lecuivre, préfèrent “jouer avec Marseille que contre elle” et pourquoi pas assumer enfin le rôle de “co-capitale provençale”. D’autres craignent que “la dette du voisin ne soit absorbée par Aix” (Cyril Di Méo). Les valeurs de solidarité unanimement mises en exergue tout au long du débat s’envolent lorsqu’il s’agit de les appliquer hors des frontières de la ville. Hormis cette perspective de la construction d’une métropole puissante, à trente kilomètres du Cours Mirabeau, rien n’a véritablement clivé les six hommes et femme politiques. L’avenir nous dira si la symbiose affichée mardi soir sera intacte au moment de combattre face à la droite et de tenter la reconquête d’une Mairie perdue pour 80 voix. C’était en 2001, le Maire sortant s’appelait Jean-François Picheral. Son adversaire de l’époque était déjà une certaine Maryse Joissains.

Vidéo débat primaires socialistes aixoises

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