Lettre aux enseignant-e-s

Cher-e-s collègues

J’ai commencé ma carrière de professeur de sciences économiques et sociales dans l’enseignement public en 1999. A 26 ans, j’ai été élu au Conseil Municipal où j’ai siégé jusqu’en 2008 dans l’opposition à Mme Joissains. Depuis 3 ans je suis inscrit au Parti Socialiste. Je me suis porté candidat à la primaire citoyenne qui se tiendra le 13 octobre, parce que c’est le moyen le plus démocratique de faire inscrire les priorités que je défends tout particulièrement, dans le programme de celle ou de celui qui, je l’espère, deviendra le prochain maire de gauche d’Aix en Provence en mars 2014.

Aujourd’hui, je souhaite vous entretenir de sujets qui relèvent de notre mission commune d’éducateurs, et qui entrent dans le champ des compétences municipales.

Aix connaît depuis une demi douzaine d’années une diminution régulière de ses effectifs scolarisables dans les écoles primaires et maternelles. Ce sont ainsi une quinzaine de classes qui ont dû fermer ces dernières années faute d’élèves. Cette perte est liée à une politique du logement et du transport qui exclut de plus en plus radicalement les classes populaires et moyennes, et les jeunes ménages aixois au moment où ils deviennent parents. Le seuil d’ouverture ou de fermeture des classes étant fixé par l’Inspection Académique, si certains quartiers défavorisés d’Aix étaient classés en éducation prioritaire, nous travaillerions avec un effectif réduit dans les classes, et cela éviterait ainsi quelques fermetures

Car la politique de la Maire sortante s’inscrit dans une logique de court terme et de recul du service public : la gestion désastreuse de la délégation des transports publics d’Aix en bus à la société Keolis en est la récente illustration.  Kéolis avec son moins disant social a remporté le marché, en dégradant le confort des usagers et les conditions de travail des chauffeurs. Sachant que la Ville sera, dans un peu plus d’un an, dans l’obligation de renouveler sa délégation de service public pour les crèches, il y a de quoi s’inquiéter des effets dévastateurs qu’aurait pour le secteur de la petite enfance et des crèches cette même logique. Dans un domaine où le nombre de places en crèche est déjà largement insuffisant, la situation pourrait être critique. Je considère qu’il faudra étudier sérieusement le passage en régie municipale.

Comme le montrent en effet le faible investissement public dans les équipements des écoles, ou la vente de plus d’une vingtaine de logements de fonction dans les écoles primaires de la Ville, la municipalité agit toujours avec les mêmes méthodes et avec les mêmes buts. Puisque une part de l’avenir est à l’apprentissage via le numérique, il faut que toutes les écoles disposent d’un poste informatique avec internet dans chaque classe. Il faut aussi remédier d’urgence à la carence de la maintenance informatique !

C’est également au cours de la prochaine année scolaire que sera mise en place la réforme des rythmes scolaires. Ce dossier sensible n’a pas fait consensus dans notre profession, mais il s’agit maintenant de mettre en œuvre la loi de la manière la plus pertinente pour les élèves et pour les personnels. Certaines villes ont opté pour des scénarios intéressants, tandis que d’autres en ont profité pour dégrader les services. Mme Joissains, comme à son habitude, a refusé de consulter l’an dernier les différents acteurs,  et elle a préféré gagner un an sur la mise en application, quitte à renoncer à la prime supplémentaire de 50 euros par élève.

En tout cas, attentif à ce dossier, je serai à vos côtés pour que la qualité du service public ne soit pas menacée et qu’une réelle concertation existe. Une mise en place de la réforme tournée vers les jeunes issus des classes populaires et souvent peu présents dans les activités périscolaires est possible. Une véritable collaboration avec le tissu associatif aixois (activités sportives et artistiques, culture provençale et découverte du patrimoine, éducation à l’environnement) ou les musées aixois est souhaitable.

Du fait de la répartition des compétences dans la décentralisation, la municipalité agit peu directement pour les collèges et lycées. Il n’en reste pas moins qu’elle pourrait agir plus, d’une part en améliorant les équipements autour des établissements et, d’autre part, en aidant les partenariats entre les différentes composantes de la Ville et les équipes éducatives des établissements.

S’il est en revanche un domaine où la municipalité devrait avoir un rôle déterminant, c’est bien celui de l’université et de la condition étudiante, surtout dans la perspective de l’institution d’une métropole marseillaise, et avec le recul d’expérience de la fusion des universités d’Aix/Marseille. L’affaiblissement de l’université aixoise est patent. Aix perd 1000 étudiants par an depuis plusieurs années. Les restructurations qui ne font que commencer se réalisent au profit de Marseille. La vocation universitaire et éducative de la Ville n’est pas mise en avant dans les principaux projets municipaux : un immense gâchis est à l’œuvre

A Aix, les étudiants sont livrés à eux-mêmes, alors que tous les indicateurs sanitaires et sociaux de l’observatoire régional de santé sont au rouge, surtout  avec une politique économique qui se dégrade et dont ils sont les premières victimes. Les structures municipales d’accueil et d’aide aux étudiants comme la maison de l’étudiant ont dysfonctionné tout au long des deux mandats et n’existent plus que sur internet. Aucune gestion sérieuse des 35 000 étudiants aixois n’a été pensée. Des mesures comme la prise charge des mutuelles complémentaires existent dans d’autres villes et améliorent nettement le niveau sanitaire de ces populations. Elu maire d’Aix je mettrai en œuvre cette mesure.

Actuellement la mairie laisse les marchands de chambres insalubres (nous avons donc le privilège d’être la 4e ville de France pour le prix des T1), et le monde des bars et de la nuit gérer la vie étudiante… avec les conséquences qui vont de pair. Même lorsque la Ville finance la réhabilitation de logements insalubres dans le centre historique, elle ne s’en sert pas pour y loger des étudiants à des loyers modérés, elle préfère les revendre à des opérateurs privés pour faire des bénéfices… Quand on regarde l’efficacité avec laquelle certaines villes de couleurs politiques diverses (Lille, Lyon, Bordeaux, Rennes) gèrent le dynamisme de leur jeunesse et réussissent à l’insuffler dans leur ville, on ne peut qu’être catastrophé du gâchis de talents et d’énergies dont notre Ville aurait tant besoin.

A quelques mois d’échéances électorales qui ouvrent la possibilité d’une alternance municipale, et à quelques semaines de la primaire citoyenne, pour laquelle je sollicite votre vote participatif en ma faveur, je souhaitais m’exprimer sur ces sujets d’intérêt général, mais rarement mis au premier plan.

 

Pour que nous puissions aller plus loin ensemble, vous pouvez m’écrire ou me rejoindre sur mon site de campagne www.cyrildimeo.fr/contact. Mieux encore, laissez-moi svp un numéro de téléphone, et je m’engage à vous contacter personnellement, tout en respectant la plus totale confidentialité.

 

Je vous souhaite une bonne rentrée 2013.

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